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Accompagner cette démarche

Pour une résilience des territoires

Accompagner cette démarche

Ecrit par Dodos-pdf dans Bio-Scène le 19 déc 2018

Statut - En cours de rédaction / Première base de travail avant synthèse à produire pour commencer à communiquer sur la démarche



Partie 4 - Un outil opérationnel pour accompagner cette démarche
et ses futures déclinaisons territoriales

Initialement, l'idée maîtresse a consisté à s'investir de façon concrète autour des notions "science, citoyeneté, biodiversité, développement durable", mais surtout, de chercher à s'approprier ces enjeux de société dans l'action et pas simplement de façon théorique… C’est un processus de “recherche-actions” et surtout un chemin de vie ou la co et l’auto-formation nous a permis de mieux nous situer dans ce monde complexe.

Bio-Scène - plateforme coopérative & multimédias

La finalité progressivement révélée a consisté, par l’action collective et à travers une métaphore pédagogique (au propre comme au figuré) à “vivre la biodiversité grandeur nature”, pour apprendre par l’expérience, à mieux se relier à soi, aux autres et au monde. Des tas d'outils sont créés depuis 25 ans, initiés dans une dynamique citoyenne (non spécialiste) pour acquérir et partager au fur-et-à-mesure du chemin parcouru une forme “d'expertise d'usage” visant à être redistribuée dans le champs de la société.

Ce cheminement est d’abord parti d'un questionnement individuel : qu'est-ce que je peux faire ? comment agir et interagir face à des problématiques qui dépassent notre niveau strictement personnel ? La réponse a été de ne pas rester dans ce questionnement philosophique (et théorique), mais bien de passer à l'acte pour apprendre en faisant, et faire en conjuguant  des compétences diverses et variées…

Premier schéma conceptuel de l'outil, édité en 2005-2006
(NB - la notion de développement durable est désormais caduque puisque le thème de l'effondrement vient prendre la place laissé libre par le manque de coopérations)


Que pouvons-nous ensemble ?

In fine, depuis maintenant plus d'une dizaine d'années, nous animons une plateforme multimédia dédiée à la biodiversité (bio-scene.org). Elle est organisée comme un véritable écosystème coopératif et développe une pédagogie assez originale (ou pour le moins “non conventionnelle”) pour aider à mieux s'approprier - de façon ludique et "sensorielle" - ces vastes enjeux de société et en devenir un acteur à part entière.

Principe de navigation immersive (réalisé en 2006 - période où le développement durable pouvait encore (?) signifier une vision pour l'avenir)


Cette plateforme (qui existe depuis 2007) est fonctionnelle - bien que naturellement encore largement perfectible -, et peut se partager car elle est prête à se mutualiser pour essaimer géographiquement ces principes coopératifs et s’enrichir de nouvelles expériences locales.

Tout a été entièrement autofinancé, et il y a une certaine “potentialité” en matière de mobilisation citoyenne car celle-ci permet d'apporter des outils et des moyens concrets d'actions qui valorisent des territoires, qui donne de la visibilité à des initiatives et surtout, qui permet de rendre viable un modèle "d'économie coopérative" (possiblement susceptible, au moins localement, d'apporter réponses aux effets impactants de la compétition que de plus en plus de monde subit et dont il est très difficile de s'extraire à titre individuel)…

Bio-Scène.org - outil pédagogique, participatif et contributif

Notre outil immersif valorise la biodiversité (faune - flore - milieu - culturalité (= activités humaines) et replace l'humain au cœur de l'écosystème (et non plus "à l'extérieur de…).

Exemple d’environnement pédagogique / supports d’animation de territoires et de valorisation de ses acteurs.


Le champs d'actions qui nous semble assez intéressant, c'est qu'aujourd'hui, tout le monde prend progressivement conscience des effets impactants et destructeurs de la compétition ; on voit de mieux en mieux où celle-ci nous mène et paradoxalement les alternatives existent mais ne sont pas suffisamment audibles ou visibles pour créer un point de bascule permettant d'amorcer positivement une transition ou une évolution culturelle "en douceur".

C'est là où le champ du coopératif - en jachère depuis des décennies - peut être / doit être / une réponse adaptative efficiente. Si on est capable de faire passer cette notion de coopération dans le champs de la société, d'abord avec tout ceux qui sont demandeurs, puis progressivement par essaimage et mimétisme avec les autres, il y a certainement des possibilités nouvelles pour apporter des réponses originales à un modèle qui déplait de plus en plus (pour ne pas dire qui insupporte) et qui laisse surtout une masse critique de personnes sur les bords de la route.

Mais ceci sera envisageable à la seule condition de poser collectivement  une stratégie véritablement opérationnelle pour faire passer ce mode de fonctionnement comme une alternative crédible, progressivement accessible et directement appropriable par le plus grand nombre. C’est notre principe : Voir - Comprendre - Agir, qu’il n’est certe pas possible de précipiter ou de décréter, mais qui doit entrer en phase avec une fenêtre d’opportunité qui semble aujourd’hui disponible.

Principe participatif, contributif et coopératif - Voir - Comprendre - Agir


Aujourd'hui, cette plateforme conserve un potentiel…

  • un potentiel pédagogique, qui peut amener de plus en plus de monde dans cette alternative (une parmi tant d'autres, je le précise bien) ;
  • un potentiel en matière de communication / valorisation de la biodiversité, des territoires, des initiatives et des acteurs engagés ;
  • et plus particulièrement un potentiel économique qui peut générer de l'emploi et des retombées locales avec un modèle alternatif à la compétition.

Agir global, penser collectif…

4 piliers qui s'articulent autour de la diffusion des connaissances et d'un "faire ensemble" inclusif (Schéma conceptuel - 2006)


Par contre, un constat s'impose dsormais à nous : lorsque nous commencé à parler "développement durable" (en 1994, c'était il y a 25 ans), ce concept était émergent et semblait représenter une vraie opportunité à saisir ; aujourd'hui, la notion même de développement durable parait devenue totalement caduque. On a perdu la partie. Celle-ci n'a plus de sens, en réalité…

Quand on parle de l'effondrement du vivant… De l'impact des changements climatiques… Quand on voit le chemin pris par nos sociétés et la sortie de route vers laquelle on va pieds au plancher… L'humanité menacée de disparaître purement et simplement… Ceux de nos responsables qui continuent de parler de développement durable feraient bien de se connecter à la réalité de toute urgence.

Face à cette réalité, le défi consiste à comprendre que comme la nature a horreur du vide, le développement durable a laissé aujourd'hui la place à la notion "d'effondrement" et qu'il nous faut réactualiser notre positionnement pour agir mieux (et plus vite).

Du coup, on peut appréhender l’effondrement de façon totalement anxiogène et sombrer dans le chaos, portée par une représentation catastrophique (et c'est la voie vers laquelle on se dirige, en fait, par simple déni de l’action qui reste encore possible) ; mais Il est possible de voir ça comme une opportunité, en fait ! On peut aussi se dire qu'il y a un véritable travail à faire de pédagogie de l'effondrement et amener à la prise de conscience qu'il est "encore temps" ! => non pas d'éviter l'effondrement mais bien de montrer qu'un autre effondrement reste encore possible, (?) Tant est que l'on sache s'y mettre maintenant et surtout en réunissant le maximum des forces vives disponibles, le tout sans se tromper de direction.

Nous avons cherché des sortes de processus qualitatifs pour préparer cette fenêtre qui se présente aujourd'hui, et amener "possiblement" (avec beaucoup de guillemets de partout !)…

  1. à une sorte de prise de conscience (qui semble se produire en ce moment et qu'il vaut mieux accompagner plutôt que de le laisser s’épanouir dans le chaos - c'est un risque plus que réel) ;
  2. à une vision "systémique" de la complexité de la situation vis-à-vis de laquelle tout est intriqué et dont nous sommes totalement interdépendant ;
  3. à la sortie du déni et l'acceptation de cette notion d'effondrement (compliquée à faire passer, mais pas impossible avec des méthodes pédagogiques originales) ;
  4. et une fois que l'acceptation faite (processus du deuil) / ou pour accompagner cette connexion au réel (actions en "co-évolution") on peut esquisser à grand traits une société qui conviendrait beaucoup mieux aux attentes culturelles qui sont de plus en plus nombreuses à s’exprimer et pour lesquelles il n'y a pas aujourd'hui de réponses politiques satisfaisantes.

La coopération “en acte”

Pour commencer à travailler à cette "pédagogie de l'effondrement" (ce terme ne sera pas forcément à employer mais nous le plaçons simplement pour bien savoir de quoi l'on parle entre-nous) un travail de recherche et de veille a été fait sur le sujet. Nous avons pris connaissance – notamment – de l'existence d'une structure nommée SOS-Maires (https://sosmaires.org/) qui est un extraordinaire espace de ressources sur le sujet, et qui surtout a pris le parti de se montrer ultra-pragmatique ÷)

L'idée maîtresse des membres-fondateurs de cette initiative réside dans un constat très simple :

"Pourquoi SOS Maires ?

  • Parce que les Maires et Conseillers des communes rurales sont les gardiens des ressources vitales.
  • Parce que pour tous, face aux crises actuelles, il est urgent de les aider à sécuriser et à développer ces ressources.

Alors que l’État se désengage de nos campagnes et que les maires sont poussés à transférer leurs compétences à des instances supra-communales, nous considérons, au contraire, que leur rôle est déterminant. A court et moyen terme, en effet, la seule échelle géographique, administrative et humaine efficace pour devancer les effondrements en cours est celle des communes rurales.

Notre équipe a lancé S.O.S. Maires dans l’objectif d’inciter et d’aider les maires et les conseillers des communes rurales, ainsi que tous les acteurs de la société civile avec eux, à anticiper – pratiquement, et dès aujourd’hui – les crises qui se profilent, à court et moyen terme."

L'impératif est donc de se préparer à cette notion d'effondrement (quelle que soit l'échéance, ce n'est pas ça l'important et surtout, ça dépasse notre échelle d’action), et pour ce faire, de "cultiver" localement la notion de "résilience"; ça, au moins, c’est à notre portée… Et c'est justement au niveau des communes que cela se joue en terme de lien direct entre le maire et ses administrés (dont celui-ci est, de plus, juridiquement responsable en matière de sécurité)".

La stratégie que nous avons décidé de développer pour aborder cette pédagogie de l'effondrement – et en même temps, promouvoir des valeurs de coopération et de "co-évolution" – peut se matérialiser aujourd'hui dans l'action portée par la CLIC et vis-à-vis de laquelle nous nous sentons aujourd'hui particulièrement en résonance : il s'agit de monter ensemble une action de LOBBYING CITOYEN qui, de notre point de vue, pourrait bien avoir un impact à la fois local, mais en même temps possiblement global si nous sommes capable de bien communiquer dessus et donc de l’essaimer comme une “trainée de poudre coopérative”.

Démarche non mercantile de valorisation de la biodiversité à travers la diffusion des connaissances, la diversité des points de vue et l'usage coopératif du multimédia.