Menu utilisateur

Limpiville

Nos dossiers thématiques en préparation

Limpiville

Ecrit par Michèle Macquet dans Côte d'Albâtre le 13 avr 2021

ARMES de la commune de VALMONT

Les armes de la commune de Valmont se blasonnent ainsi : burelé d'argent et de gueules au lion de sable brochant sur le tout.

Blason de Valmont
Limpiville est un petit village d'environ quatre-cents habitants, situé en Normandie à moins de trois cents kilomètres de Paris, d'Amiens, soixante de Rouen, quarante du Havre, quinze de Fécamp.

La proximité de la mer influe sur son climat, lequel en une journée varie d'une petite bruine tenace à un soleil radieux en passant par différentes alternatives pluvieuses ou ensoleillées. Difficile de prévoir les sorties et par prudence, mieux vaut emporter un parapluie!Limpiville

Limpiville

La commune dispose d'un cabinet médical comprenant médecin, infirmière et kinésithérapeute. En 1983 quand j'ai acheté ma maison qui devait être simplement une résidence secondaire, une épicerie, une boulangerie, une boucherie donnaient encore un peu de vie au village et permettaient aux habitants de se rencontrer en faisant leurs achats journaliers.

L'ouverture des grandes surfaces à Valmont, Fauville-en Caux, Fécamp et Goderville a eu raison des petits commerces qui disparurent les uns après les autres.

Géographiquement, Limpiville est situé sur l'axe Valmont, Bolbec, Fauville-en Caux, Goderville, dans le département de Seine-Maritime de la région normande, du canton de Valmont et fait partie de la communauté de communes de Fécamp.

  • Un peu plus de 370 habitants occupent les différentes habitations plus ou moins modernes mais bien entretenues du pays. Ces dernières années, un concours de la maison la plus fleurie, était organisé par le département.
  • La population se situe dans la tranche d'âge 45- 60 ans et se soumet à la triste réalité boulot- dodo.
  • De 605 habitants en 1793, la population est passée à 718 en 1866 pour décroître ensuite et arriver au nombre de  276 en 1892.
  • Le dernier recensement de 2017 comptabilisait 370 habitants dont 50% de femmes contre 49% d'hommes.

La voiture est indispensable pour le travail et les courses.

Le niveau moyen de vie à Limpiville est relativement élevé pour une si petite commune grâce au cabinet médical comprenant deux médecins, une infirmière libérale, une kinésithérapeute et une orthophoniste.

S'y ajoute une entreprise agricole (élevage de poulettes) assez prospère.

Mairie et école se font face.

L'école accueille les enfants de la grande section maternelle du village et d'autres localités avoisinantes alors que les enfants plus petits ou plus grands sont transportés par car dans les écoles d'autres petites pays selon un accord de la communauté de communes réactualisé chaque année.

Le collège puis le lycée de Valmont reçoit les élèves de la sixième à la troisième.

Seconde, Première, Terminale sont orientés sur Rouen ou Le Havre.

Bien sûr, il n'en a pas été toujours ainsi !

Ecoles des filles et des garçons étaient séparées à la fin du dix-huitième. N'oublions pas qu'il y avait l'école de la République et l'école catholique lesquels se disputaient âprement le droit d'enseigner les mêmes fondamentaux.

La vie semble si paisible dans le bocage cauchois.

Celui-ci convie les promeneurs à faire abstraction de leurs soucis et problèmes

personnels et les incite à jouir paisiblement de la quiétude des lieux, de la limpidité du ciel quand il fait beau, du silence de la campagne et des bois. Dans ceux-ci, hormis la saison de la chasse, seuls le chant des oiseaux, le coassement des corbeaux furieux d'être dérangés, le glapissement d'un renard alerté par tout ce fracas troublent le calme de la forêt.

Ne vous-y-trompez pas!

Les gens du peuple ne gagnaient que la soupe du jour, le droit de dormir dans la grange quand ils étaient célibataires, avoir un toit pour abriter la maisonnée une fois mariés.

Les fermiers jouissaient d'une relative aisance mais travaillaient dur et exploitaient leurs ouvriers, ne leur versant que des salaires misérables.

Le bistrot était là ouvert du matin au soir pour abreuver les soiffards et récupérer les quelques sous gagnés laborieusement.

A l'heure actuelle, un club de foot existe pour les enfants et le maire Monsieur Régis Gosselin qui en est à son deuxième mandat leur organise un sapin de Noël avec distribution de jouets.

Les jeunes désirant pratiquer une activité sportive ou culturelle doivent chercher aux alentours le club qui propose cette activité.

La piscine de Fauville-en-Caux ou celle de Fécamp entraîne les fervents de natation.

Les aînés à partir de 65 ans reçoivent pour Noël, un colis contenant un repas de fête très copieux assorti de gâteries telles que chocolats fins et d'excellents gâteaux secs.

Le jour du premier mai, un banquet est organisé pour eux dans le cadre de l'inter-communale avec distribution d'un brin de muguet!

Pour une petite commune sans grand rapport financier, c'est un immense effort de solidarité.

Histoire

Le nom de la localité apparaît pour la première fois sous la forme de Léonini Villam vers 1023.

Ses habitants très peu nombreux probablement, vivaient dans des masures insalubres, au sol de terre battue, aux murs de torchis, ( le torchis est apparu vers 1200 ), aux toits de chaume.

Puis on commence à poser des briques en bâtons rompus ou des tomettes constituées de carrés petits (10 sur 10 ) plus ou moins enjolivés au fil du temps.

Le style du pavé normand est créé.   

Le sol de la mienne quand je l'ai achetée en 1989 était pavée de carreaux bis et rouges très appréciés dans la région.

La façade au fondement en silex, aux murs en briques rouges, aux joints de sable est le type même des masures de l'époque.

L'arrière en torchis soutenu par des poutres apparentes est blanchi régulièrement afin de lui garder son style fin du dix-huitième.

Le torchis, c'est de la paille, un limon légèrement argileux, additionné si besoin de sable, le tout mélangé avec d'un peu d'eau.

Il faut savoir que les anciens qui construisaient ces maisons avaient un outillage fort réduit et que de plus, les moyens de communication étaient pénibles pour tout dire inexistants.

Ils étaient donc contraints de travailler avec ce qu'ils avaient sous la main et en premier lieu avec les matériaux trouvés sur place.

C'est ainsi qu'ils utilisaient des moellons de silex pour les soubassements, des bois de chêne pour les colombages, de la terre argileuse mélangée à des fibres diverses, des éclisses de coudrier ou gaulettes de châtaignier pour le remplissage des murs, du calcaire des marnières  de la région pour badigeonner de chaux et des enduits de finition, roseaux des marais liés avec des tiges de ronces tirées des haies pour la couverture.

Et ils construisaient ainsi dans le respect absolu de la nature avec simplicité, amour, après avoir observé les facteurs essentiels de leur cadre de vie : climat, vents, ensoleillement, végétation.

Le château du Vaudroc, l'église Notre-Dame méritent que les amoureux du patrimoine local fassent un détour et les honorent de leur visite.

éclisse : éclat de bois

L'église Notre-Dame au centre du village est un édifice allongé à un vaisseau se terminant par un chevet circulaire. Les murs ponctués de baies en plein cintre sont surmontés d'une toiture à double pente en tuiles plates.

Un clocher-porche couronné d'une flèche polygonale en ardoise précède la nef. Le chant des cloches, rythme la vie des anciens et des plus jeunes  annonçant les heures, les joies et les deuils des paroissiens dont le nombre s'amenuise au fil des années; mais la messe y est célébrée le samedi ou dimanche à tour de rôle avec les églises des villages avoisinants.

Le cimetière entoure Notre-Dame et les tombes bien entretenues restent très fleuries malgré les années et l'oubli. Certaines très anciennes sont inscrites au patrimoine de l'humanité.

Le parterre et la pièce d'eau du château du Vaudroc

Louis Aymé Désiré Dyel de Vaudroque, descendant d'une longue lignée de Vaudroque, épousailles en 1552, seigneur de Vaudroque, de Gournay, Limpiville, Mirville et Gruchet, seigneur et patron, conseiller à la Grande Chambre du Parlement de Rouen en 1768, mousquetaire du Roi en 1773, épouse en 1784 Antoinette Suzanne Fortier.

Il entreprend l'embellissement du château.

Il fait construire deux pavillons et les relie à l'ancienne demeure par deux éléments couverts par des toits à la Mansart.

Il fait également renouveler la plupart des bâtiments agricoles reconstruits sur des emplacements différents et fait planter des arbres magnifiques tels que des tilleuls et la charmille.

Cet homme de goût aimé au pays qui, (à l'unanimité,) vote en sa faveur en 1793.

Le domaine est épargné mais son propriétaire ruiné par une spéculation sur les assignats va mourir aux Amériques.

Le magnifique château du Vaudroc en briques rouges, construit au dix-huitième siècle sur les fondations d'un prieuré qui appartenait aux moines de Fécamp a été acquis par le Marquis et la Marquise de Lillers en 1958.

Le domaine et le parc font l'objet d'une restauration soignée. Les deux ailes aux extrémités ont été ajoutées par le marquis au dix-huitième.

Quelles promenades faire autour de Limpiville ?

Le châtelain actuel permet aux habitants et aux touristes visitant la région de se promener dans les bois à la condition évidemment de respecter les lieux.

Ils sont un havre de paix et d'écoute de la nature. Dès le début du printemps,en général fin février-début mars, le sol se pare des clochettes blanches des perce-neige


L'anémone Sylvie aux six à neuf tépales blancs à l'intérieur, rosés à l'extérieur, légèrement parfumée, profite que les arbres n'ont  pas encore de feuilles pour pousser et fleurir .Comme la fleur de tournesol, elle s'ouvre à la lumière et suit la direction du soleil. Toutes les fleurs s'orientent de la même manière de façon à former un tapis dense et harmonieux.   

Leur parterre immaculé de fin mars à mi-mai nous annonce d'autres chefs-d'oeuvre.

Anémone Sylvie - (Anemone nemorosa) en forêt.
Source : Par Tomasz Kuran aka Meteor2017 — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

 


La violette rustique, au mauve ardent, sans odeur, se laisse chercher et découvrir après bien des efforts, cachée prudemment au centre du vert profond du cœur formé par ses feuilles.

Spectacle inoubliable : ces étendues tour à tour blanches, bleues, jaunes, mauves, dorées!

Quel artiste planifie et recrée chaque année ces chefs-d'oeuvre?

Le sous-bois s'agrémente bientôt du  bleu tendre de la jacinthe sauvage ou du jaune d'or éclatant des jonquilles et de son homologue, le narcisse éblouissant de beauté sur sa hampe florale.

Dans la mythologie grecque, Narcisse était l'un des plus beaux hommes de la Grèce. Mais les dieux avaient décidé qu'il ne pourrait jamais admirer son reflet. La nymphe des sources Echo tomba amoureuse de lui.Rejetée par lui, dépitée, elle demanda à la déesse de la vengeance Némésis de le punir. Celle-ci fît en sorte que Narcisse vît son reflet et en tomba amoureux. Il resta figé devant l'eau d'où émanait son reflet. Echo, de désespoir, se jeta d'une montagne et Narcisse fut transformé en plante.

Cette plante porte son nom à cause de l'inclinaison de ses fleurs vers l'eau, de sa beauté et de son caractère toxique.

Courant mars, début avril, le coucou des bois fleur annonciatrice du printemps, profite d'un sol bien drainé, frais et riche en nature organique pour repousser et tapisser le sous-bois de son pied élevé auquel est accrochée une longue tige composée de plusieurs fleurs.

Comestibles, ses jeunes feuilles légèrement piquantes donnent de la saveur aux salades de printemps ; elles servaient autrefois d'ingrédient dans la préparation d'hydromel.

La timide pâquerette se laisse découvrir bien cachée sous un amas d'humus de feuilles mortes.

Inutile de la cueillir, elle se laissera mourir plutôt que de quitter ses compagnes !

Si discrète et si fragile!

A rosettes de feuilles dentées et aux capitules jaunes et blancs, elle fleurit au printemps et en automne et vit  en colonies. Son nom français chrétien vient du latin « pasha », « Pâques » en référence à l'époque de floraison.

De nombreuses expressions françaises utilisent l'appellation de cette fleur délicate pour signifier quelques fantaisies épistolaires: cueillir des pâquerettes: musarder aller aux pâquerettes : aller dans le décor.

Son cœur orangé attire l'attention  des guêpes et autres insectes heureux de se gaver du nectar qui y  niche.. Ses pétales blancs, d-un bel ovale s'intercalent gracieusement et illuminent de leur fraîcheur le vert profond des feuilles.

« Si vous avez de la peine,si la vie est méchante avec vous, réfugiez-vous au cœur de la forêt, elle ne vous décevra jamais.»

Sissi

L'oeil ne sait plus où poser son regard et les pieds ne savent plus où se poser sans fouler ce que dame Nature nous offre si généreusement.

L'oreille aussi est à l'écoute.

Le premier coucou salue mon arrivée ; l écureuil, hôte du grand chêne, m'observe, intrigué par mon apparition.

Suis-je un danger et doit-il en informer le petit peuple des forêts ?

La vie un instant interrompue a repris.

Une aile qui volette, un gland qui tombe, le toc-toc régulier d'un pic-épeiche, le rot d'un chevreuil entraperçu au détour du sentier, la cavalerie lourde d'une harde de laies et de ses marcassins rayés blanc.brun.

Rocky prêt à foncer à leur poursuite ! Stoppé à temps.

Les rencontres ne sont jamais les mêmes selon mes passages, mes horaires et les saisons.

Inoubliables ; cette biche immobilisée au milieu du sous-bois, silhouette gracieuse en clair-obscur. ce cerf majestueux bramant sa virilité, ce blaireau gris-blanc étonné de me trouver sur ses sentes, ce renard roux aux yeux jaunes, s'enfuyant à ma vue, ces lapins à peine inquiets de ma présence ( la chasse n'ayant pas encore commencé ),

Libres mais toujours aux abois ! Un prédateur n'est jamais bien loin !

Ce sentier menant au bois, combien de fois l'ai-je emprunté ?

Le coucou qui y niche , combien de fois l'ai-je écouté ?

Les pies bavardes, combien de fois m'ont-elles suivie de leur jacassement ?

Un oiseau, toujours le même, annonce  mon arrivée dans la forêt et un grand silence s'ensuit

Quel plaisir de découvrir l'Orchis sauvage.

Elle est là solitaire, consciente de sa beauté.

Trois pétales, trois sépales mais l'un des pétales est plus grand, plus coloré et d'une forme particulière : c'est le labelle fait pour attirer l'attention de l'insecte butineur et le faire plonger au cœur de la fleur. C'est là que se trouve le gynostème, un organe complexe que seules les orchidées possèdent et qui réunit les organes reproducteurs ( étamines et stigmate ) de la plante. Le pollen mâle s'y agglutine en masses compactes gluantes ( les pollinies ) qui adhèrent aux poils des insectes et au bec des oiseaux.

Lorsque l'insecte ou l'oiseau visitera une autre fleur, il déposera les pollinies sur le stigmate de cette fleur.

Orchidée des prés     Procédé astucieux !                                                               

Orchidée des prés

Orchidée des bois

Orchidée sauvage

                                                                    

Dès le mois de mai,  la sauge des bois se fait  remarquer par la coloration de sa feuillaison et la générosité de sa floraison.

Haute de soixante-quinze centimètres environ, elle dresse sa hampe florale aux fleurs bleu-violacés, aux feuilles d'un vert-bleuté.

Originaire des Balkans c'est une plante vivace aux grappes érigées comportant des fleurs serrées, aux bractées saillantes bleu pourpre,lilas, fuchsia.Elle aime les sols riches et et frais et m'accompagnera dans mes randonnées jusqu'en septembre.

La sauge officinale m'accueille à la sortie du bois.

Au Moyen-Age, les sauges étaient considérées comme une panacée.

«  Qui a de la sauge dans son jardin
N'a pas besoin de médecin »

dit un dicton provençal.

Son goût puissant, légèrement amer et camphré se marie bien avec le porc, le veau et les plats à base de volaille mais aussi avec les pommes de terre et autres féculents.

Tonique, elle stimule la mémoire. Les femmes égyptiennes l'utilisaient pour accroître leur fertilité et réguler leurs cycles menstruels. Romains et Grecs s'en servaient contre les morsures de serpents et appréciaient ses qualités digestives et antiseptiques.

Charlemagne dans le capitulaire De Villis recommande sa culture dans tous les domaines royaux.

Les Bénédictins la cultivaient dans les jardins des monastères.

Les Chinois échangeaient leurs feuilles de thé les plus précieuses contre des feuilles de sauge.

C'était la tisane d'élection de Louis XIV.

Au dix-huitième, on la roule comme une cigarette et les asthmatiques la fument pour dégager leurs voies respiratoires.

Que des bienfaits !

L'odeur pénétrante du muguet me guide dans ma recherche de la clochette porte-bonheur. Elle est là cachée sous les couches de feuilles mortes, attentive à rester loin des yeux, soucieuse de ne pas attirer la convoitise des vandales..

Pourquoi l'appelle -t-on porte-bonheur et pourquoi l'offre-t-on le premier mai ?

Il est synonyme de «  retour du bonheur » pour les cœurs romantiques.

Symbole du renouveau, il était beaucoup partagé à l'époque romaine où les Romains fêtaient les Floréales en l'honneur de la déesse des fleurs, Flore.

Selon la légende tout commence à la Renaissance : Charles ix reçoit un brin de muguet lors d'un déplacement dans la Drôme. Séduit, il décide alors d'en offrir chaque année au printemps à chacune des dames de la cour.

J'en cueille quelques brins discrètement sans arracher les racines ; grâce à cette délicatesse, je la retrouverai l'an prochain.

Attention, la baie est toxique !

Les champs autour de la maison, labourés, ensemencés s'enrichissent de la verdure des feuilles de betterave, des fleurs blanches et légères des pommes de terre, du bleu tendre et odorant du lin, du jaune lumineux du soja.

Des couleurs, encore des couleurs, toujours des couleurs !

De chaque côté du chemin , partout où se porte mon regard, le vert gazon des feuilles de betteraves sucrières ou fourragères s'impose ; c'est selon les besoins des agriculteurs.

La plante est bisannuelle  et se développe en deux phases :

  • la phase végétative : après la production de glomérules, le feuillage se développe et la racine accumule des réserves sous forme de sucre. Les racines sont récoltées en automne pour la production.
  • La phase reproductive : les tiges montent et les inflorescences se développent en juin avec des fleurs hermaphrodites à fécondation croisée pour aboutir après la floraison et la pollinisation anémophile à la production de graines et à la maturation du fruit en août.

Les tubercules sont encouragés à germer en les plantant à la lumière en intérieur pendant quelques jours.Les mettre en pleine terre lorsque les germes sont déjà longs de quelques centimètres.

Glomérule : type d'inflorescence où les fleurs sont portées par des axes très courts qui semblent s'insérer au même niveau.

Plantés début mai, les plans de pomme de terre au germe long de quelques centimètres se développent rapidement et étalent leur tige élevée agrémentée de fleurs blanches parmi des feuilles caduques, alternes, de forme lancéolée, de tailles variées, au lobe vert gazon. La tige aérienne à section circulaire ou angulaire de cinq à six fleurs blanches ou mauves selon l'espèce du tubercule. La tige souterraine se ramifie en rhizomes sur lesquels apparaissent les tubercules plus ou moins nombreux.

La récolte est faite quand les feuilles se fanent.

Ce tubercule comestible préfère un sol léger un peu acide.

Originaire de la Cordillère des Andes ( Pérou ), son utilisation remonte à huit mille ans environ. Introduit en Europe à la fin du seizième siècle à la suite de la découverte  de l' Amérique du Sud par les conquistadors espagnols, il est diffusé dans le monde entier. Il figure parmi les légumes et les féculents les plus consommés.

La pomme de terre est une source importante de glucides qui se présentent sous forme de fécule procurant des quantités notables de protéines et de vitamines notamment la vitamine C. Elle facilite le transit intestinal, possède des propriétés cicatrisantes et est utile contre les ulcères intestinaux.   

Beaucoup de peintres à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième choisissent de dicter de nouvelles règles dans cette pratique artistique et la révolutionnent à jamais.

Enfant turbulent, Claude Millet dessine des caricatures sur ses cahiers. Eugène Boudin le remarque et l'emmène peindre en plein air au bord de la  mer.

« C'est le seul homme qui caresse les nuages comme on caresse les épaules de sa maîtresse » dira-t-il de lui plus tard.

Finalement émerveillé par la lumière, les reflets chatoyants de l'eau, le scintillement des rayons du soleil qui transpercent le feuillage des arbres, Claude Millet décide de reproduire la lumière, les formes, les couleurs telles que l'oeil les perçoit.

L'impressionnisme était né !

La récolte des pommes de terre de Claude Millet

La petite éplucheuse de pommes de terre de

Les mangeurs de pommes de terre de Van Gogh

Mi-avril, le bleu tendre du lin caresse mes pensées.

Comment être stressée quand la terre est si douce, si apaisée ?

A perte de vue, la terre est bleue, le ciel est bleu.

Ces bleus ne font plus qu'un.

Au loin, est-ce le bleu du ciel ou celui de la terre ?

Le bleu de l'horizon se confond avec celui du ciel !

A la tombée du jour,  le firmament s'enflamme, s'empourpre et les fleurs en fermant leur corolle, abandonnent la vie.

Vie éphémère et pleine.

Le lin s'auto féconde : les anthères, extrémité de l'organe mâle de la fleur libèrent le pollen

puis s'allonge, se tord pour atteindre les stigmates (partie femelle ) ; en deux heures, la pollinisation est faite ; la fleur n'a plus son utilité ; elle se fane,

Les fruits sont en  forme de capsules.

La terre riche et profonde de la Normandie, son climat océanique, tempéré, sa pluviosité régulière, son peu d'écarts de température conviennent bien à cette plante remarquable qui est cultivée pour sa fibre légère, résistante,imperméable, solide et thermorégulatrice (c'est un bon isolant utilisé dans les bâtiments sous forme de laine de verre ) ; en papeterie, les fibres courtes ( l' étoupe ) sont recherchées pour produire des papiers fins et résistants.

Les fragments de paille ou amas servent de paillage horticole ou de litière pour les animaux

L'or du soja illumine désormais  la plaine.. Mouvante au vent léger, la tige  ondule, se courbe, s'incline, se  balance en une longue danse, reprise à l'infini.

«  Suis-je belle dit-elle ? Oui lui répond Eole mais tu es glacée. ».

Plante des tropiques, pas trop exigeante en eau, le soja « engrais vert »  fertilise la terre en retenant les éléments nutritifs et enrichit le sol en azote en se décomposant.

Sa consommation remonte à plusieurs millénaires mais il n'a été introduit en Europe qu'au dix-neuvième siècle.

Aux Etats-Unis, il nourrissait les grands troupeaux de bétail ; en France peu d'agriculteurs le cultivent. En fleur, début juin, il est récolté vers le dix septembre. La terre doit être sableuse, bien drainée et riche en humus.Ses gousses sont riches en protéines.

L'été, la chaleur me rend paresseuse; et pourtant: le vert jade des tiges de blé se balançant en cadence, rythmant la musique du vent, la danse gracieuse des grains d'avoine,  le vol enivré des papillons blancs, le crissement énervant de centaines d'insectes jouissant de leur vie éphémère, me comble de plaisir et me fait désirer que ces instants se prolongent éternellement.

Le jaune paille du  blé, le jaune pâle de l'avoine succèdent joyeusement  aux couleurs  du printemps.

Désormais, le jaune est dominant !

L'épillet se balance mollement  au bout de sa tige gracile ; il ploie quelquefois sous la  grappe de grains gorgés de farine et cliquette plaisamment. Sa musique est douce et m'accompagne tout au long de ma promenade.. La récolte sera bonne.

Le temps s'alourdit ; le ciel s'assombrit ; de gros nuages noirs s'amoncellent au loin ; l'air se charge d'électricité et des stridulations de milliers d'insectes qui captent le message envoyé par les cieux; un coup bref  et bruyant réclame le silence.

Au-dessus de nos têtes ( Pifou est avec moi ) de grosses gouttes s'écrasent brutalement ;

courir reste l'unique solution ; ce gros chêne, là, va nous servir d''abri, tant pis pour le danger !

La grosse averse se calme, la pluie s'atténue, la goutte devient gouttelette et joue sa partition. Une écharpe de bleu apparaît ; une lumière rosée se fraie un espace très étroit dans tout ce gris souris.

L'atmosphère est changée, plus pure, plus libre, moins étouffante, moins oppressante, La nature et moi-même nous sentons renaître : L'alouette, ivre de vent s'élance en grisollant à l'assaut du ciel bleu. Une pure merveille !

Le silence se peuple de mille bruits, s'enrichit de mille couleurs.

Leur peur calmée, les vaches du fermier voisin me regardent passer. Pifou reprend son jeu habituel : courir d'un bout de la clôture à l'autre en aboyant.

La vie reprend son cours.La soirée sera agréable, fraîche et sereine.

A Valmont, je privilégie le bord de la rivière ; le sous-bois est étouffant alors que le seul gazouillis de l'eau  régénère le corps et la pensée.

Très peu de monde, les travailleurs sont en vacances et je peux savourer des instants uniques à l'ombre d'un hêtre ou d'un chêne.

Une brise tiède berce le vert argenté des feuilles ; les baliveaux se balancent rêveusement à cette musique et les vieux arbres soupirent de bien-être.

La rivière Valmont

Qu'il fait bon vivre !

Des canards et des oies sauvages s'installent chaque année au bord ou, sur la Valmont. Coiffe vert bouteille, poitrail rouge brique ou brun, dos blanc ou gris, croupion foncé,  ils se promènent tranquillement en couple ou en famille.

La femelle en tête mène fermement sa troupe; elle est fière de parader avec sa douzaine de canetons jaune poussin qui à peine nés se jettent à l'eau et l'imitent en tout.

Comme ils sont drôles croupion en l'air agitant pattes et bec à la recherche de plantes aquatiques ou de vers.

Ah le petit dernier s'est trop attardé ; la fratrie a disparu ; il piaille désespérément et se jette dans une course éperdue, guidé je pense par les appels de sa mère.

Je prends toujours plaisir à les voir se dandiner avant de se jeter à l'eau.

Un couple d'oies bernache a décidé cette année de ne pas continuer sa migration vers le Sud

Six oisons cacardent en les suivant..

Introduite en Angleterre dès le dix-septième siècle  comme oiseau d''ornement puis à des fins cynégétiques  au vingtième, originaire d'Amérique du Nord, les premiers individus sont observés en France entre 1960 et 1970.

L'homme a largement contribué à son essor en plantant des céréales en automne au lieu du printemps ; les jeunes pousses leur procurent de la nourriture de qualité en hiver.

Classée espèce protégée en 1981, elle est devenue chassable et nuisible de nos jours.

Essentiellement végétarienne, elle se nourrit de plantes aquatiques et de graminées. Elle recherche les plans d'eau près desquels elle pourra nicher et élever ses cinq  ou six oisons qu'elle aura couvés pendant 25 ou 28 jours. Le mâle uni pour la vie à sa femelle aura assuré une garde vigilante et dissuasive pendant la couvaison.

Six à neuf semaines après l'éclosion, les oisons sont prêts pour l'envol.

L'oie bernache ne peut se confondre avec l'oie cendrée ou domestique.

Noir et blanc dominent : bec court, triangulaire et noir, tête et nuque noirs, dessous de la queue blanc, demi collier blanc des deux côtés du cou, dessous gris brun foncé pouvant avoir des reflets blanchâtres, pattes palmées sombres, l'oie bernache est un bel oiseau d'un mètre de haut et d'un mètre soixante-quinze d'envergure. Impressionnant !

Au bord de la Valmont, les plantes sauvages foisonnent. Tout d'abord : le bouton d'or des prés.

Quel enfant n'a jamais cueilli cette simple fleur jaune pour la placer sous le cou d'un ou d'une amie en lui disant «  t'aime bien le beurre » ?

Beau mais toxique, il envahit les prairies dès le retour des beaux jours.

Ses cinq pétales libres, arrondis, vernissés,  forment une corolle lumineuse autour de son cœur bombé auquel s'accrochent de nombreuses étamines dont les anthères contiennent le pollen qui fécondera le stigmate d'une autre fleur.

Le vent, l'insecte butineur, l'oiseau se chargeront de la distribution. Tout un programme !

L'akène, le fruit, de la taille d'un petit pois éclate à  maturité et distribue généreusement ses graines. Son long pétiole soutient des feuilles radicales en rosette, incisées et édentées.

Le coquelicot appelé aussi pavot le suit de près. Sur sa haute tige, il offre au regard, un ovale parfait, vert  pomme. Son calice légèrement plus clair constitué de deux couches plus ou moins épaisses enserre les pétales.

Avec délicatesse les sépales s'entrouvrent et laissent apercevoir le rouge pâle presque rose des pétales soyeux. Les graines se présentent sous la forme de petits noirs et sont au nombre de plusieurs dizaines.

Le vent taquin fait onduler la fleur ; une chanson muette agite tous les prés.

Qu'il est doux d'écouter, de voir et de humer !

L'incarnat des pétales se marrie joliment avec le vert forêt du long pédoncule ( soixante centimètres ) qui supporte une  fleur solitaire.

Fleur si délicate, si colorée, si soyeuse. Des peintres, des écrivains, des chanteurs t'ont mise en exergue sur la toile, le papier, au théâtre.

Coquelicots dans une jachère

Champ de coquelicots de Claude Monet

Les grands espaces non cultivés sont enrichis et égayés par cette plante vivace et colorée tout en leur donnant un air sauvage et naturel. Elle s'épanouit dans les sols secs, pauvres, cailloutés et bien drainés. Elle ne craint pas la sécheresse et aime le plein soleil. Sa tige contient une sève amère qui éloigne la plupart des prédateurs.

Sans doute originaire de Mésopotamie il y a plusieurs millénaires, ce pavot aurait progressé au même rythme que la culture des céréales et plus particulièrement du blé.

Plante messicole (qui accompagne les moissons ) comme le bleuet, elle disparaît peu à peu des paysages campagnards depuis l'avènement de l'agriculture intensive très utilisatrice d'herbicides.

Considéré comme mauvaise herbe qui concurrence les céréales et limite les rendements elle subsiste sur les talus, au bord des routes dans les prés non pâturés ni fauchés et dans les terrains en friches.

Claude Monet ci-dessous avec Georges Clémenceau

Trop belle, trop lumineuse, trop gourmande, le bleuet comme le pavot a été éliminé pour satisfaire les exigences budgétaires de notre société consommatrice et nous ne la voyons plus à l'état naturel !

Les jardiniers la cultivent désormais comme plante d'ornement et nous pouvons encore l'admirer dans les jardins.

En bouton, ses sépales triangulaires vert nature, hérissés de piquants noirs le protègent à la manière de tuiles sur un toit attendent début mai pour que ses fleurs en capitule s'épanouissent dans tous les tons de bleu, du plus tendre au plus foncé. Mellifères et nectarifères, elles attirent aussi bien les abeilles que les papillons.

Comestibles depuis des siècles, elles sont utilisées pour les soins des yeux.

Le bleuet ne craint pas la sécheresse, aime les sols bien drainés et se reproduit en juillet par des semis spontanés, les insectes et le vent.

Tous les tons de bleu, du bleu saphir au céruléen en tirant vers le bleu de France, le persan, l'outremer se côtoient dans les prés.

Il reflète un peu le ciel et adoucit la verdure crue et drue  d'un jour particulièrement chaud et sec.

Bleuet symbole de sérénité, de paix, de calme, d'infini, elle ajoutait une note de fraîcheur, de perfection dans la chaleur d'un jour d'été.

Les unes après les autres les fleurs se sont fanées.

Nous voici déjà début juillet, il est temps de se risquer aux « petites Dalles » en bord de mer.

Ces derniers jours, le soleil a brillé en ininterrompu ; la mer a-t-elle chauffé un peu ?

Je ne fais pas partie de ces hyper-courageux qui vont se baigner en hiver dans une eau à 12 degrés. Je gare ma voiture à l'ombre près de la chapelle, vitre entre-baillée pour Rocky ou Pifou et sac de plage oblige m'installe douillettement sur ma serviette de bain sur le lit de galets de la plage. Du sable fin, point ! A marée basse, il y en a un peu mais pas de quoi contenter tous les baigneurs. J'essaie de choisir un créneau horaire différent des estivants mais en pleine saison, ce n'est pas toujours évident.

Falaises impressionnantes de part et d'autre de la crique ! Le blanc d'albâtre se teinte d'ocre, de vert gazon, de jaune moutarde, de marine sur fond d'azur et transparence des flaques laissées par le reflux.

Non, je ne me lasse pas, au pied de ces falaises d'admirer les changements discrets de la lumière sur le blanc de la craie.

D'autres avant moi et mieux que moi ont chanté la côte d'albâtre !

Lumineux, frais, reposant, accueillant et enveloppant, le jaune égaie, dynamise, tonifie et revitalise. Subtiles sont ses nuances.

Du jaune aurore au jaune beurre, au jaune à la fleur de soufre au jaune canari, au jaune à la banane pour devenir plus agressif avec le jaune canari, le mimosa, le poussin ou le tonique. La liste est longue et le jaune crème, paille, citron, moutarde se transforme en ocre doré, nankin, marron pour enfin disparaître avec l'astre du jour.

Récemment, les phoques reviennent en baie d'Authie et y séjournent à l'année mais l'été venu, ils restent au large, loin des estivants ; on peut les apercevoir au large ou sur la plage en début de matinée ou en fin de soirée. Un plus pour le tourisme !

Sylvie et plus tard Delphine ont  pris leurs premiers bains de mer ici à la plage des petites Dalles .

Selon les marées, nous pique-niquions ou dînions au pied de la falaise crayeuse, face au vert  émeraude liquide qui s'étendait à nos pieds. Pas un souffle de vent, un soleil de plomb engourdissait tous les sens. Le friselis des vaguelettes berçait mes rêveries.

Allongée sur les galets plus ou moins arrondis, je somnolais et surveillais mes petites filles.

A dix-huit heures les mamans rassemblaient les jouets des tout-petits et la plage se vidait.

Ne restaient plus que les ados des propriétaires de villas avoisinantes jouant au woley-ball sur le petit terrain réservé aux enfants.

Aucun danger sur cette plage réputée plage bleue et surveillée par deux maîtres-baigneurs.

A dix-neuf heures pile, ils descendaient le drapeau vert et le calme habitait l'espace.

Toute fraîche après un bain iodé vivifiant, je montais rejoindre Rocky ou Pifou et nous partions dans le petit bois qui surplombe la mer faire une grande promenade hygiénique.

La plage m'appartenait : le chien à peine gêné par les galets s'amusait comme un fou mais prenait garde à ne se tremper que le bout des pattes. L'eau, ça mouille et décidément il n'aime pas ça !

C'est ce moment qu'attendent les mouettes rieuses, les sternes et les goélands pour apparaître dans un vacarme étourdissant.

Effrontés, ils guettent le départ des vacanciers pour prélever miettes de pain, morceaux de biscuits, rondelles de saucissons échappés des mains ou des bouches des plaisanciers.

Ils s'interpellent bruyamment, se disputent violemment, se pourchassent  méchamment.

L'heure est au calme mais leur colonie semble l'ignorer.

L'eau clapote délicieusement et bercés par le flux et le reflux ils  s'offrent un bain revigorant dans une eau qui transparente. Des bulles d'écume blanche, mousseuse les éclaboussent sans les effaroucher. Placides, ils goûtent le sel de la mer, s'aventurent dans les flots et se laissent bercer au gré des vaguelettes.L'un d'eux prend son essor et tout le groupe s'envole.

Que de fois avons-nous gagné le « chemin des douaniers » qui longe la Manche sur les hauteurs de Dieppe à Fécamp.

Le sentier surplombant la mer longe de très près le bord ; il faut faire attention et je tiens le chien en laisse ; un faux pas est vite arrivé.

A certains endroits il faut franchir un espace de vingt ou trente centimètres au-dessus du vide ; pas rassurant ! A l'arrivée aux Grandes Dalles ou à  Yport un spectacle inoubliable nous attend !

Fin août, les enfants partis, je viens le soir assister au coucher du soleil.

Quel spectacle ! A l'ouest, Rhâ est dans toute sa gloire.

Feu et flammes dans un ciel embrasé.

Globe de feu, il se pose un instant  sur cette ligne brune qui sépare la mer du ciel.

Il s'attarde, diluant de l'incarnat, du pourpre, de l'orangé, du violacé, du mauve, du parme, du rosé, caressant le bleu marine liquide qui s'assombrit puis disparaît.

Feu et flammes agonisent dans un ciel embrasé.

Un vague à l'âme indéfinissable me saisit. Il est temps de partir.

Ce sentier balisé ne longe plus le bord de la falaise; désormais, il n'y a plus aucun danger ; peu d'attrait non plus : on ne voit plus la mer !

Je reste seule, muette devant une telle beauté, incapable de me détacher de ce déploiement de couleurs. Le ciel ,immense palette de peintres, accompagne la tombée de la nuit et diffuse sa lumière impalpable pour adoucir  la violence brutale de la falaise sombre.

La mer apaisée remonte insensiblement à la conquête de la terre.

Après avoir décliné toutes les nuances de vert et de bleu,elle trace une ligne brune à l'horizon rappelant à l'esprit des hommes que la vie peut-être, renaît après la mort.

Septembre amène son cortège de grisaille, de brume, de bruine, de brouillard.

Le soleil va- t-il se lever ce matin ? Il devient de plus en plus paresseux.

L'air vif quand j'ouvre la porte  et sors pour nourrir les oiseaux !

Moineaux, moineaux friquets, pinsons des arbres, toutes espèces de mésanges attendent avec impatience l'heure du petit déjeuner. Merles et étourneaux restent discrets, pigeons et tourterelles turques viennent en couple.

C'est un ballet incessant de va et vient, de battements d'ailes, de froissements veloutés, de gazouillis d'hirondelles, d'appels de merles, de roucoulements de tourterelles ou de ramiers.

La pie bavarde sous sa jaquette noire, le geai somptueux dans son plumage fauve rosé marqué de bleu aux couvertures alaires cajole avec sa compagne ; la mésange zinzibule et l'étourneau grassouillet dans son costume charbon à reflets pourprés et bronzés pisole à qui veut bien l'entendre.Le pipit turlute et la grive babille alors que le loriot dans sa livrée jaune d'or siffle et surpasse tous les chants par son éclat clair et sonore. Difficile de l'apercevoir.

J'ai tout loisir d'observer mes gentils visiteurs et d'admirer les couleurs dont la nature les a dotés.

La calotte bleu pervenche de la mésange bleue, la noire de la charbonnière, la poitrine et les joues brique du pinson des arbres,son cou st dessus de tête ardoise, la gorge vineuse du pigeon ramier aux reflets verts brillants, assortie à son corps gris-bleu, le plastron  roux vif  du rouge-gorge premier arrivé, premier servi qui chante à plein gosier pour me remercier.

Mésange charbonnière à tête noire

Pigeon ramier

Rouge-gorge

Fauvette

La fauvette reste discrète comme son plumage marron très doux; son œil à l'iris brun capte tous les détails de son environnement dans lequel elle essaie de se fondre.

Une sittelle torchepot  débordante d'activité se promène souvent tête en bas le long de mon lilas à la recherche de chenilles ou d'insectes. Son dessus gris-bleu se marie élégamment à sa gorge blanche et à son ventre roussâtre.

Que dire du plumage bariolé du couple de chardonnerets installé dans le vieux pommier ? Son masque rouge encadré de blanc et noir, ses ailes brunes rayées de jaune le font remarquer dès les beaux jours.

Les bouvreuils pivoine ne sont pas en reste. Friands de bourgeons, ils pillent mon prunier, mon cerisier et mon pommier. Comment leur en vouloir : ils sont si beaux !

La poitrine rose vif du mâle contraste avec sa calotte noire et ses ailes barrées de gris clair.

La parade nuptiale met en valeur son somptueux plumage : gonflant la poitrine, il laisse pendre ses ailes pour montrer le dessin contrasté des son croupion blanc et se balance en se dandinant.

Sittelle torchepot

Chardonneret

Loriot

Le loriot d'Europe est un oiseau migrateur  de vingt-deux à vingt-cinq centimètres de long que l'on a plus de chance à entendre qu'à voir. Son chant mélodieux trahit sa présence. Son plumage bien particulier est plus proche d'un oiseau exotique que d'un oiseau d'Europe. Une ligne reliant les yeux aux commissures du bec ainsi que les ailes et la queue sont d'un noir profond créant un contraste saisissant avec le jaune éclatant de la livrée du mâle. Les ailes et la queue de la femelle sont d'un brun grisâtre et son plumage jaunâtre sur le ventre tire au vert olive sur le dessus du dos.

Entre août et septembre, le couple quitte l'Europe pour l' Afrique Orientale.

Ils s'accouplent au printemps dès le retour ; La femelle construit un nid installé solidement dans la fourche d'un arbre feuillu. Elle y pond quatre œufs qui éclosent deux semaines plus tard. Le mâle défendra les juvéniles des assauts des geais, rapaces, corneilles et écureuils.La famille partira dès que les jeunes seront totalement indépendants.

Le loriot d'Europe est une espèce protégée en France.

Le serin cini et le verdier sont présents toute l'année et viennent en bandes à mon resto du cœur. Le premier en livrée jaunâtre, discrète, au croupion jaune, au bec épais et court est un chanteur merveilleux. Une série de longues strophes grinçantes composées de stridulations et de trilles forme son chant. Quant aux «  pillilit et pillit  »sonores qui sont régulièrement égrenés au cours du vol, ils rappellent ceux du Canari.

Le chant du verdier, lui, se limite au cri du vol, un tchi- tchi tremblé. Le mâle dissimulé dans le feuillage d'un arbre, pousse un cri monotone entremêlé de roulades aiguës. Sa silhouette trapue, son gros bec rose au printemps chez le mâle permettent de le reconnaître assez aisément.

Difficile de ne pas se tromper face à ces deux grives : la musicienne et la draine .Cette dernière est la plus grosse de France ( 27 centimètres ). Toutes deux ont le dessus marron-brun et un poitrail se dégradant progressivement vers le blanc.

Escargots, vers, limaces, insectes, larves, baies et graines constituent leur alimentation.

Le chant de la « musicienne » est complexe : un motif simple sifflé trois ou quatre fois puis un autre et encore un autre.

« Pii-èh-pii- èh pii-èh  » puis Kvièt kviet suivi de Pii-èh pii-èh

« Trruy,trruy trruy,codidio,cocodio  »

Celui de la draine est un chant en deux tons : un scintillement aigu, puissant et bref ou un  roulement très rapide lancé à la cime des arbres.

« gre gre gre gre gre ».

En mars parfois une seconde fois en juin, la femelle construit un nid où elle pond quatre à  cinq œufs ; le mâle n'aide qu' en apportant des matériaux pour la construction du nid.

L'automne, déjà là, rayonne de splendeurs dorées. Une vie invisible rôde autour de moi.

Je la sens. Le scarabée doré se hâte sans se détourner devant moi.

L'une suivant l'autre, des milliers de fourmis s'acheminent en transportant une feuille cent fois plus lourde qu'elles de leur nid à un autre.

Les châtaigniers se délivrent de leurs fruits bien cachés sous leur bogue verte. Impossible de se régaler sans se piquer! Bouillies ou poilées, les châtaignes au coin du feu évoquent les soirées d'antan et les contes de fées.

« Les feuilles mortes se ramassent à la pelle » chante Yves Montand. Jaunes, dorées, rousses, ocres, encore vertes ou marron, brunes ou mordorées, elles craquent sous mes pas ou se laissent admirer avant de se résigner à mourir.

Chaque promenade est différente alors que  l'itinéraire est le même.

La couleur du ciel qui évolue au cours de la marche, les odeurs fugitives, le silence peuplé de mille cris difficiles à interpréter, la forme   imprécise, disparue à peine vue d'un animal sauvage. Ai-je rêvé ?

Chevreuil, biche, renard ou blaireau, vous êtes là et vous m'observez. Pas d'inquiétude ni pour vous ni pour moi.

Même le chien me regarde étonné. Insensiblement, l'or des feuillages s'éteint, le ciel grisonne et la brume nous enveloppe. Il est temps de rentrer !

Octobre flamboyant, Novembre tempêtant,  Décembre grelottant !

Où se cachent-ils ? Combien vont survivre à un hiver rude et rigoureux ?

L'herbe se fait rare, humide ; sortir du bois est dangereux. Les prédateurs sont à l'affût.

Dans le terrier, la tanière, les nuisibles, les mal-aimés dirai-je, engourdis par le froid, la faim, la maladie essaient de survivre et attendent le retour de températures plus clémentes.

La sélection naturelle fait son œuvre et les plus faibles s'endorment définitivement.

Vie brève et pourtant pleine où la peur domine.

Rares sont les instants où l'animal sauvage peut dormir en pleine quiétude.

Instinctivement, il sait que son gîte doit être pourvu de lui plusieurs sorties en prévision d'une éventuelle attaque de prédateur.

Fuir l'homme et les carnivores plus petits que lui mais rendus redoutables par la faim et la cruauté !

Biche dont l'oeil humide semble implorer la clémence du chasseur,

Biche à la tête fine, au cou fragile,  au corps élancé, au charme incontestable,

Biche, tu attendrirais le plus cruel de tes ennemis s'il te regardait,

Biche, la proie tendre du malfaisant,

Biche au douloureux destin,

Biche au regard si doux, pardonne-nous!

Toi, renard, tu es le mal-aimé  aujourd'hui.

Le loup, ton ennemi de toujours a disparu de nos bois et te voilà, jouissant du titre honorable de nuisible. Grossière erreur ; tu es le seul maintenant à débarrasser le bois de toutes les charognes, de la surpopulation des campagnols, rats et souris. Tu nous rends bien des services même si de temps en temps, tu chapardes quelques poules !

Pourquoi le fermier ne les-a-t-il pas enfermées ?

Ton regard jaune est perçant, ton odorat très développé, ton ouïe très fine et tes crocs aiguisés.

Bien adapté à la course, tu fais des pointes à soixante kilomètres/ heure et le chevreuil est ton gibier favori mais quand il fait défaut, tu te contentes de baies, fruits et granules.

Ton pelage roux plus ou moins foncé est magnifique à l'approche du froid et ta queue bien fournie a été longtemps recherchée par les fourreurs et les femmes de la « Belle époque ».

Tu es maintenant protégé mais beaucoup de chasseurs font fi de cette nouvelle loi.

Le blaireau, ton compagnon de voisinage somnole tout au long de l'hiver mais quand il se réveille, son odeur musquée le signale mieux qu'un avertisseur.

Il pue.

Dommage car sa tête blanche, triangulaire, fine et allongée barrée de deux lignes noires, portée par un cou massif et de larges épaules semble disproportionnée face à ce corps puissant brun strié de bandes blanches.

Je l'ai rencontré au détour d'un sentier ; il n'a pas été agressif ;  étonné oui ; autant que moi !

Chacun a continué son chemin tranquillement.

Rocky frémit ; Quel est ce piétinement? A cent mètres de moi, une harde de sangliers traverse le sentier; quelques femelles et leurs marcassins.

Qu'ils sont adorables dans leur livrée beige rayée de bandes horizontales marron.

Au ton inquiet de ma voix, Rocky a compris qu'il ne fallait pas intervenir ; je le rattache : c'est plus sûr ! Et je me dépêche de rentrer !

Harde de sangliers ( femelles et marcassins de deux ans environ ).

Ces rencontres me confortent dans l'idée que le bois est encore bien vivant mais peut devenir dangereux pour la promeneuse isolée que je suis.

L'hiver et son cortège de froidure, de gelées nocturnes et diurnes, de pluies glacées, de brume inquiétante, de grêle intempestive et glacée me décourage de ces promenades solitaires.

Et pourtant, il a neigé cette nuit et la joie de mon enfance remonte à la surface.

Vais-je résister à tout ce blanc, à cette atmosphère ouatée où le son devient inaudible, où l'air prend un  goût indescriptible, où les sensations  deviennent étranges comme si j'avais été propulsée sur une autre planète ?

Tout est silence, oppressant, inquiétant !

Une mince couche de neige crisse sous mes pas.

Le givre pare chaque branchage d'une perle nacrée qui scintille au soleil et transforme le bois en forêt enchantée.

Le silence n 'est rompu que par mon cheminement.

Je m'émerveille devant la magie créée par le gel : ces cristaux étoilés fleurissant à l'extrémité d'une brindille, la transparence bleutée d'une goutte glacée !

Instants merveilleux où l'âme se désaltère!

Suis-je la seule âme au monde dans ce décor lunaire ? J'ai hâte de sortir du bois.

La dernière maison du village apparaît. Je presse le pas.

La cheminée fume ; les gens ont déjà fermé les volets.

Chacun se terre chez soi et je traverse le village sans voir âme qui vive.

Ma demeure désormais vide de Rocky, Pifou, Vanda et Tigris me semble bien triste.

Difficile de reprendre un animal à mon âge.

Qui en prendra soin lorsque je partirai ?

La chatte de ma voisine vient chaque jour quémander un peu de nourriture, de quiétude et de chaleur : elle est lasse des jeux et des bêtises des chatons de sa propre descendance.

Marie-Claire ne fait pas stériliser ses chattes et deux fois par an, le quartier accueille une nouvelle portée qui finit écrasée, égarée ou disparue.

L'amour des chats a des limites !

Démarche non mercantile de valorisation de la biodiversité à travers la diffusion des connaissances, la diversité des points de vue et l'usage coopératif du multimédia.