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Que faire de cette expérience ?

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Que faire de cette expérience ?

Ecrit par Macquetos dans Bio-Scène le 21 mar 2020

Nous entamons une période de confinement ce qui nous immerge dans un mode de navigation "inconnu". L'environnement de contrainte rattrape les consciences et nos vulnérabilités sont mise au grand jour, nous qui pensions que l'humain, par son "intelligence", pouvait aborder en toute confiance son devenir, en méprisant les réalités physiques de la planète.

Hypothèse 1 - "Nous sommes en crise"

La question du Post-COVID ouvre à une représentation que nous sommes entrés dans un moment de crise à partir du moment ou a été décrété le confinement… (Et cette représentation peut être qualifiée de soit vraie soit fausse)

Et alors – pendant une "crise" – on fait naturellement le dos rond, parce qu'on a pas vraiment le choix ! (il faut aussi admettre que certains pourront y trouver leur compte, c'est certain).

Colosse au pied d'argile,
Homo sapien se retrouve confiné contre son gré.

Mais on peut aussi imaginer que lorsque l'on en aura terminé, que le virus sera "maîtrisé", que la situation redeviendra "normale". Alors on pourra fêter ça…

Et donc ce sera une joie de reprendre le cours de notre vie en récupérant vite fait bien fait le temps perdu (et tout le monde sait que le temps c'est de l'argent…). Alors, il faudra donc se dépêcher de regagner l'argent qu'on aura pas gagné, pour pouvoir, par exemple, prendre (et se payer) les futures vacances * ÷)


* confiné sur une plage bondée ou dans une zone verte bien protégée des zones rouges environnantes, mais je m'égare, c'est un autre sujet !


Donc le post-Covid, c'est à préparer dès maintenant et il me faut continuer comme avant, tout en m'adaptant à un environnement de contrainte car ça je n'ai pas vraiment le choix.

Si cette idée de crise est vraie, alors d'évidence la conscience se sera quelque peu élevée. Il faut être vraiment bête au bout d'un moment pour continuer de penser que l'humain est plus fort que tout et comme dit je sais plus qui

rien n'est plus gênant que les faits,
car ils nous empêchent de croire ce que l'on veut
.

Mais ce niveau de conscience sera de nouveau très inconfortable une fois le retour à la "normale" revenu… Et l'opportunité de retourner le plus vite possible dans le déni sera probablement bien séduisante pour un grand nombre d'individu. Alors, il faudra attendre une nouvelle crise, et une autre, et ainsi de suite…

Si cette idée de crise est fausse

Ou tout du moins si cette notion peut être interprétée d'une autre façon (et donc si on parvient à partager massivement une analyse un peu plus en profondeur), alors ce moment de confinement – et l'arrivée de ce virus – peut véritablement se transformer en une magnifique opportunité.

Si cette idée de "crise" est un tant soit peu fausse, alors nous avons une posture de metanoïa à adopter… ou si l'on veut quand même appeler ça "crise", il peut être judicieux de voir ce terme dans sa représentation orientale et ainsi sortir de notre dualité :

“Les crises présentent des aspects à la fois négatifs et positifs.
Elles peuvent constituer une menace pour le statu quo mais aussi révéler un défaut, une erreur.

Elles peuvent représenter une bonne occasion de corriger un déséquilibre et de progresser vers un autre niveau d’organisation.

Le caractère chinois “JI” exprime à la fois un point crucial et une occasion à saisir…”

Au-delà de la crise, il y a la catastrophe

D'une catastrophe, en général, il n'y a jamais de retour comme avant, c'est la plupart du temps l'occasion de faire un saut d'évolution sociétal. Dans notre cas, c'est d'autant plus flagrant que la cause racine est connue : l'avidité économique a conduit à un écocide planétaire qui a déréglé les écosystèmes sous de très nombreux aspects : morts des sols, invasion de nuisibles suite à l'effondrement de la biodiversité, sécheresse [risques de famine] transmissions de virus du monde sauvage aux monde humain, réveil de souches gelées dans le pergélisol, antibiorésistance, migrations [risques d'épidemies]; prédation sur les ressources dont l'eau, l'énergie, et les matières rares (phospore, métaux rares...), tensions sur l'économie mondiale, rivalités croisssantes, provocations, autoritarisme [risque de guerres armées et civiles ]. A ces 3 menaces de péril majeurs pour les sociétés, s'ajoute un dérèglement climatique dont la violence des effets ne peut être précisément déterminée, mais dont une seule conséquence, le réchauffement, au-delà de +2°C fait grande la mort de centaines de millions de personnes par excès de chaleur (hyperthermie, syncope) aggravé par la teneurs en polluants atmosphériques [conditions de vie fortement dégradées]

Hypothèse 2 - La crise est une vue de l'esprit > vive la crise durable !

Notre société occidentale a un problème très spécifique… et ce problème est devenu un défi pour l'humanité toute entière car notre "culture" a fonctionné tel un rouleau compresseur pour uniformiser et préempter l'ensemble du vivant tandis que l'idéologie occidentale s'est rapidement mondialisée.

De fait, on assiste à ce que certains assimilent volontiers à une crise, mais qu'on pourrait aussi qualifier de "processus évolutif permanent".

Est-ce juste une question de sémantique, ou bien ce type de distinction peut-il nous permettre un réel pas de côté pour éclairer différemment cette période et trouver des leviers d'actions "autres" ?

Pour ce qui me concerne, je pense qu'il peut être utile, voire même salvateur, de faire ce que j'appelle une "pédagogie de (sur) la crise" > Vivre (et donc mieux comprendre) le moment présent avec l'expérience de son passé et les rêves de son futur.

Ce lien passé - présent - avenir me paraît non seulement important mais primordial, non plus comme des événements à analyser en mode compartimenté, mais plutôt comme une seule et même chose… Or, il est toujours difficile collectivement d'éclairer le moment présent avec les faits passés (proches ou lointains). Il y a des résistances psychologiques fortes et je me dis que ça nous fait louper les opportunité de changement que nous appelons pourtant tous de nos voeux.

L'explication que je me donne, en terme évolutif, c'est que nos sociétés occidentales se sont construite sur des certitudes (hors sol) et que nous avons pensés pouvoir nous extraire de nos "Réalités Biologiques"…

Alors si l'on doit à tout pris continuer de parler de crise, et bien c'est celle de toute l'humanité qui est entrée en guerre depuis plusieurs décennies contre la vie (et qui est en passe de gagner le combat)… Le reste serait plutôt conséquences ou alertes à ranger comme trophées de chasses mortifères de notre bilan humain peu glorieux.

Fonctionner en mode "pensée complexe" ou, autrement formulé, en pensée holistique, serait une autre façon de faire fonctionner nos cerveaux et surtout de nous "syntoniser" sur une même fréquence de penser et d'agir. A mon humble avis, ce serait ça la véritable intelligence collective tellement devenue à la mode et employée à tord et à travers.

Alors que pourrait être un futur post-Covid ?

Le post-Covid analysé au présent

Comme en 39-40, on est peut-être en train de se faire complètement ratatiner… Sans que l'on ne perçoive rien de ce qu'il se passe car on a collectivement refusé de voir venir (ce qui semble pourtant sous nos yeux depuis de nombreuses années).

La question que j'ai envie de poser serait : est-ce qu'il y aura un Post-Covid ? Autrement dit, est-ce qu'il y aura une sortie du confinement ? Si l'on répond OUI à cette question comme une pure évidence, c'est que l'on a pas forcément compris que tout est en interdépendance.

Le post-Covid voudrait dire que l'on aura effectivement gagné la guerre et que le virus est éradiqué… Mais je pense que c'est juste une blague. C'est comme si on pensait réel d'éradiquer la mort et de vivre immortel. On peut éventuellement sursoir en trouvant un vaccin mais… dans un an ? dans 18 mois ?… (En mobilisant des milliards qui serviront à continuer à détruire la sociétés, les écosystèmes et la vie sans aucune conscience ?)

Toujours est-il que le virus ne sera pas "éradiqué" pour autant. Et quid de tout ceux qu'on va continuer de libérer en déforestant ou en continuant allègrement de faire fondre le permafrost ?

La "crise" du Covid n'est alors que la minuscule vue émergée qui cache l'ensemble (ou presque) des problèmes systémiques qui sont devant-nous et que nous persistons à ne pas vouloir voir en face.

Et que va-t-on bien pouvoir faire de cette expérience ?

L'idée consiste à produire une vision réaliste du réel, qui n'est en soit ni merveilleuse, ni catastrophique. En fait, cette réalité s'exprime dans les deux notions de façon simultanée. Alors si l'on sait voir non plus le réel comme quelque chose de dual, peut-être avons-nous la possibilité de transformer ce réel.

Pour l'heure la Stratégie commencée à être posée dans le cadre des Archipels en Symbiose peut paraitre interrompue ? Certes !

Sauf si l'on accepte le réel (le confinement) et qu'au lieu de faire comme si rien avait changé (on continue à "travailler" sur les mêmes sujets sans tenir compte que le monde a véritablement été bouleversé en une fraction de seconde pour des millions de personnes), on s'y adapte et qu'on se met en "pilotage dynamique".

Accepter le réel, c'est faire sa propre metanoïa de façon consciente et non subie… C'est RADICALEMENT, changer de posture et se libérer dans les pensées et dans les actes, de nos attitudes antérieures pour passer à une Métamorphose complète.

Je pense qu'on est très mal parti, (ou du moins bien parti pour ne rien changer et reprendre le business as usual) si l'on fait comme avant avec juste d'autres moyens (je ne peux plus rencontrer du monde alors je vais de rencontres virtuelles en rencontres virtuelles)…

Mon sentiment général, c'est que le Business as usual ne s'est pas arrêté, mais simplement qu'il s'exprime autrement. Je ne peux plus dépenser et gaspiller mon argent (qui lui aussi est confiné) dans des achats compulsifs, alors je vais dépenser mon énergie et possiblement la gaspiller elle aussi de façon compulsive.

Elle ne s'est pas interrompue, elle a actée le réel et elle doit impérativement s'exprimer autrement. D'où les éléments qui ont été remaniés pour se mettre en phase avec le nouvel environnement, mais ne pas pervertir les finalités qui ont été posées initialement.

Voici en substance ce que pourra produire la période de confinement et surtout ce que nous pouvons explorer maintenant et collectivement pour préparer la Pirogue d'écriture Scénario Post-COVID.

  • Opportunité (ou simple potentialité ?) de changer individuellement et donc opportunité d'évoluer différemment face à un futur tendantiel mal engagé.
  • Opportunité d'infléchir le cours d'un futur qui, bien que dans sa lecture lucide, celui-ci parait pas très très bien engagé (qu'on pourrait même d'un point de vue réaliste qualifier de certain…). Et c'est ça que je trouve magnifique :

"dire que c'est possible ne signifie pas qu'on va y arriver,
mais dire que c'est impossible assure de se mettre en échec".

Démarche non mercantile de valorisation de la biodiversité à travers la diffusion des connaissances, la diversité des points de vue et l'usage coopératif du multimédia.