Menu utilisateur

Vers une nouvelle gouvernance ?

Nos dossiers thématiques en préparation

Vers une nouvelle gouvernance ?

Ecrit par Caroline Dardanne dans Bio-Scène le 21 juin 2020

La société souhaitée après le confinement aura revu les échelles de gouvernance :

  • économique
  • sociale
  • territoriale

Constat

Le confinement nous a obligé à réduire nos périmètres de mobilité et d’actions individuelles, mais nous profitons de l’internet pour sa fonction première de recherche d’informations globalisées, de connexions plus ou moins longues distances à nos réseaux et d’une forte possibilité de télétravail. Ce qui a pour conséquences directes : une diminution des besoins en énergies fossiles et le temps de donner une grande respiration à l’écosystème Terre.

Proposition

Je pense que cette expérience peut permettre de réviser nos périmètres d’actions collectives et individuelles de manière profonde sans résistance au changement. Nous pourrions ainsi chercher la résilience par une adaptation de l’économie de gouvernance à l’échelle de territoires que l’institut MOMETUM nomme biorégions. Ces nouvelles régions, pour ma part, regrouperaient un ensemble de communes ayant un biotope et des savoir-faire en commun (économiquement proche de la définition des bassins d’emploi et socialement des us et coutumes). La mondialisation économique et sociale est un modèle qui devrait être laisser derrière nous après le confinement. Cette échelle mondiale aura un intérêt pour certaines questions d’écologie et de solidarité planétaires et aussi pour la collecte comme la diffusion de connaissances. Les affaires économiques et sociales sont résilientes à l’échelle locale. Ainsi, je propose une revisite de la gouvernance du pays.

Résilience territoriale : la gouvernance de la France

La France en tant que territoire n’aura pas à gérer l’économie ni le social. En tant que territoire, elle devrait ne faire que permettre la diffusion de l’information entre biorégions et la mise en place de plateforme d’aide à la décision des comités de directions biorégionaux. Les membres de l’Etat seraient des consultants en missions ponctuelles, donc non fixes, selon les besoins de renseignements des biorégions.

Le chef de l’Etat serait un diplomate pour les relations internationales.

La technostructure actuelle serait considérablement réduite et rendue flexible. Cette décentralisation de la gouvernance aux biorégions engendrerait de conséquentes économies. La paix sociale serait accrue puisque les propositions d’actions seraient faites à l’échelle locale donc plus en adéquation avec les besoins individuels des conditions de vie.

Les biorégions auront localement la possibilité de statuer sur les lois. Par consensus, certaines pourraient être adoptées pour l’ensemble du territoire France.

Le budget anciennement national, serait revu au regard d’une gestion biorégionale. Pour la défense ; chaque biorégions récupéreraient une part du budget prévisionnel national afin de reformer une police pour plus de proximité, de mieux l’équiper pour des animations de prévention et des activités sportives de quartier.

Pour l’éducation, une refonte des programmes localement pourra permettre l’inclusion de méthodes novatrices (même si elles ne sont pas récentes...) pour stimuler la curiosité, l’entraide et l’envie d’apprendre des enfants et non l’actuel « gavage » systémique.

L’apprentissage se ferait dans le style compagnonnage en tour de France car depuis le confinement les français aimeraient recevoir et seraient curieux de nouveaux caractères et expériences.

Résilience économique : le modèle industriel

La résilience humaine doit se faire à petite échelle. Nos activités, nos consommations doivent avoir moins d’impact, être réduites. Le changement d’échelle tend à pousser chaque biorégion à être autonome.

Ces dernières devront donc produire localement certains produits qui étaient importés et faire des échanges de spécialités avec les biorégions voisines. Ainsi, dans le changement d’échelle, les industries devront s’organiser en petites unités sur le territoire France réduisant ainsi les transports et localement, diversifiant l’offre d’emploi. Ces petites unités auront moins d’impact écologique par une intégration dès leur création d’une économie circulaire.

Quant à l’eau, l’énergie et la nourriture, ce sont des enjeux majeurs de la résilience donc l’échelle devrait être encore plus réduite que celle de biorégion. Idéalement chaque quartier ou îlot sera équipé d’un système de traitement des déchets et un mix énergétique afin d’être autonome en énergie. La gestion de l’eau aura aussi un traitement localisé dans une prise en compte globale de la ressource clef de la vie. Quant à la nourriture, un système d’entente Rural/ péri-urbain et urbain pourra trouver un équilibre.

Résilience sociale : le permis de faire

Le but de ce changement d’échelle est de rendre le permis de faire aux citoyens qui, intégrés au fonctionnement de leur biorégion, auront à redéfinir leur cadre de vie et participer à son fonctionnement grâce à la gouvernance locale.

Les Associations doivent déjà assumer une partie grandissante du lien social que l’Etat ne veut plus prendre en charge. Leurs missions locales seront renforcées par une gouvernance biorégionale qui connait ses besoins spécifiques.

Le tissu social existe mais les maillages avant confinement manquaient de structure, de solidité et était trop distendus. Le confinement nous a obligé à compter sur l’entraide ultra locale et donc plus directe dans leurs bienfaits et leurs effets stimulants.

Coopérer par quartier à une vie de « village » est une réponse pour les villes et un moyen de comprendre les spécificités de chaque communes et villages du territoire. Le permis de faire village même en ville est essentiel à la qualité du lieu de vie.

Non plus de volonté d’égalité, qui affadi les individus et leur milieu, mais un respect des différences pour stimuler l’entraide et la valorisation des savoir-faire particuliers.

Conclusion

Ainsi, je souhaiterai en tant que citoyenne une nouvelle société française qui prône le respect des singularités, l’échange, la coopération et la curiosité intellectuelle.

Pour ce faire plus besoin de gestion de l’Etat dont les frais de fonctionnement sont disproportionnés et d’un pouvoir exécutif, législatif ou judiciaire en inadéquation avec les conditions de vie des habitants des territoires qui composent la France.

Le post-confinement doit idéalement aboutir à un changement d’échelle de nos modes de vie et de notre gouvernance.

Démarche non mercantile de valorisation de la biodiversité à travers la diffusion des connaissances, la diversité des points de vue et l'usage coopératif du multimédia.