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Un régime de «Charognards»

Le projet de dossier "Vautours"

Un régime de «Charognards»

Ecrit par Aye-Aye environ... dans Bio-Scène le 18 oct 2015

Les vautours ne s’attaquent jamais à des animaux vivants, ils se nourrissent presque exclusivement de carcasses d'animaux déjà morts.

Afin de repérer, grâce à leur vue perçante, les animaux morts, ils patrouillent haut dans le ciel en pratiquant le vol plané pour limiter leur dépense énergétique. Ils sont capables de jeûner plusieurs jours, voire plusieurs semaines, mais, dès qu’une proie morte est repérée, le vautour descend vers elle, suivi aussitôt par d’autres congénères. Ainsi rapidement plusieurs vautours peuvent se retrouver autour d’un même cadavre.

Sur cette image prise sur le site de Rougon (Alpes-de-Haute-Provence), on peut remarquer à droite que ce Vautour est un peu différent des autres. Il s'agit d'un Vautour africain – Gyps africanus – de passage sur le site (probablement un "échapé" car il n'est normalement pas présent sous nos latittudes).


Le suc gastrique présent dans l’estomac des vautours est particulièrement acide. Cette acidité combinée avec un transit intestinal assez rapide fait que très peu d’agents infectieux, virus ou bactéries, résistent à la digestion. C’est pourquoi les vautours sont qualifiés de « culs-de-sac épidémiologiques ». Leurs habitudes alimentaires amènent ainsi les vautours à participer activement à l'élimination naturelle et rapide des cadavres d’animaux, aussi bien d’animaux sauvages dans les régions peu habitées par l'homme que d’animaux d'élevage, comme des moutons ou des vaches, jouant ainsi un rôle écologique important.

En France, les quatre espèces de vautours présentes sont très complémentaires. En effet, ils ont chacun un rôle bien précis lors d’une curée. Le vautour fauve entamera en premier le cadavre par ses orifices naturels pour se nourrir essentiellement des chairs molles comme les viscères. Alors que le vautour moine, avec son bec plus tranchant, préférera s’alimenter des chairs plus dures comme les tendons, cartilages ou la peau. Le vautour percnoptère, peu exigeant, se contentera des restes ainsi que des parties du cadavre que les autres ne peuvent atteindre. Quand au Gypaète barbu, il se nourrira des os, assurant ainsi, à eux quatre, une fonction d’équarrissage efficace et complète.

Le curée (rassemblement des individus autour d'une carcasse), sur le site d'Alinya, dans les Pyrénées espagnols

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