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Les oiseaux

Quelques mécanismes de la biodiversité

Les oiseaux

Ecrit par Aye-Aye environ... dans Bio-Scène le 24 oct 2015

Les oiseaux en général sont adaptés au vol et non à la vie arboricole. Seuls certains ont la forêt pour habitat. En exemple nous citerons quelques oiseaux de nos régions :

  • La chouette hulotte : rapace nocturne le plus commun de France. Elle mesure 40 cm de haut pour une envergure de 90 à 110 cm. Sa couleur est variable du gris brun au gris roux. Elle se tient cachée tout le jour dans un tronc d'arbre ou une cavité. La nuit venue elle chasse essentiellement des mulots, des campagnols, des moineaux et des étourneaux. Elle chasse à l'affût et utilise son ouïe aiguë pour localiser et attraper les petits animaux. Elle exploite donc le gîte et le couvert que lui procure la forêt : il s'agit ici d'adaptations comportementales.
  • Le geai des chênes : on rencontre cet oiseau de la famille du corbeau souvent à la lisière de la chênaie. Les traits bleus qui barrent ses ailes et son croupion blanc ainsi que son cri puissant le caractérisent. Il se nourrit de graines qu'il a l'habitude de cacher à la mauvaise saison. Ainsi il est devenu un facteur important de la dissémination des glands de chêne, ce qui lui a valu son nom.
  • La sitelle torchepot : Cet oiseau arboricole bouge sans cesse, grimpant le long du tronc des arbres, s'accrochant tête en bas sous les branches... Ce qui nécessite une adaptation comportementale mais aussi anatomique pour lui permettre de s'accrocher solidement. Le gris bleu de son dos tranche avec le roux de son ventre ; entre les deux on trouve un bandeau noir. Ses sifflements permettent de deviner sa présence sur un arbre de préférence un chêne. Elle se nourrit d'insectes et de graines qu'elle trouve contre l'écorce qu'elle parcourt inlassablement.

Mais l'un des oiseaux communs indissociable de la forêt qui lui offre le gîte et le couvert est le pic. Celui-ci est protégé car il est menacé par la déforestation, la substitution des forêts de résineux aux forêts de feuillus, le phénomène de dépérissement des forêts.

On distingue

Parmi les grands pics :

  • Le pic noir : il attaque le bas des arbres. Sa loge possède un orifice ovale d'environ 10 cm alors que son envergure est de 70-75 cm et qu'il mesure 45-48 cm.
  • Le pic vert : il détruit ou creuse les fourmilières. L'orifice de sa loge fait environ 6 cm, son envergure est comprise entre 48 et 53 cm et sa taille entre 30 et 31 cm.
  • Le pic cendré : il est rare. Le diamètre de l'orifice de sa loge est d'environ 6 cm. Son envergure est de 42-45 cm et sa taille est comprise entre 27 et 28 cm.

Parmi les pics bigarrés (beaucoup plus arboricoles) :

  • Le pic épeiche : il creuse des trous à sève alignés dans le tronc des arbres et fait des forges. Ces "ateliers" sont typiques du pic épeiche grand amateur de graines de conifères mais sont parfois utilisés par d'autres espèces. La forge de l'épeiche se remarque, au pied d'un arbre, par un amas de cônes de résineux déchiquetés. Plus haut, dans les crevasses de l'écorce, d'autres cônes sont également coincés. D'un arbre résineux du voisinage le pic détache un cône et le transporte au bec (parfois dans les pattes) jusqu'à son établi. Là, après avoir jeté l'ancien or de son étau, il fixe son butin et ouvre méthodiquement les écailles pour en avaler les graines. En 5 mn, il a terminé et repart chercher un autre cône. Il fait de même avec les galles, les noyaux, les fruits... Chaque individu possède plusieurs forges disséminer sur son domaine vital. Le diamètre de sa loge est de 4-5 cm, son envergure de 42-43 cm et sa taille de 20-22 cm ;
  • Le pic mar : il creuse peu (il vit haut dans les arbres). C'est le seul pic qui ne tambourine pas ou très rarement. Voir à ce sujet le paragraphe sur les manifestations sonores des pics. Sa loge possède un orifice de 4 à 5 cm de diamètre. Son envergure est comprise entre 36 et 39 cm, sa taille est de 20 cm.
  • Le pic épeichette : vit dans la cime des arbres. L'orifice de sa loge a un diamètre de 4-5 cm. Son envergure est comprise entre 26 et 28 cm, sa taille est de 13-14 cm.

Les pics trahissent leur présence par des manifestations sonores -tambourinages, chants, cris et martèlements- et par les "dégâts" qu'ils occasionnent aux arbres ou au sol pour se nourrir ou pour creuser leur abri : forges, déchiquetage, creusement, écorçage, trous d'exploitation de la sève, trous de loge, entonnoir d'accès dans les fourmilières.

Les manifestations sonores :

Si les cris sont fréquents toute l'année et traduisent différents états de l'oiseau, le chant et le tambourinage ne se font entendre qu'en hiver (appropriation des territoires) et au printemps (reproduction) et ceci aussi bien par les mâles que par les femelles.

Il ne faut pas non plus confondre le tambourinage et le martèlement dont les coups espacés sur le bois ont pour but d'obtenir de la nourriture ou de creuser. Le tambourinage quant à lui, est une activité à part entière qui double ou remplace le chant. L'oiseau frappe du bec un endroit précis du bois avec une rapidité étonnante. Chaque individu possède un ou plusieurs "tambours" qu'il a choisit pour leur qualité de résonance.

Les pics exploitent donc au mieux les ressources de la forêt que ce soit pour se nourrir, se loger ou pour communiquer.

Les adaptations à la vie arboricole des pics :

Observer un pic qui escalade un tronc est vraiment surprenant : par bonds nerveux, le corps cambré, l'oiseau s'élève prestement tout en gardant la tête rigide, légèrement rejetée en arrière, prête à frapper la vermine dont il se délecte ; surpris ou inquiet il disparaît de l'autre côté du tronc, jette un coup d'œil nerveux, puis poursuit son ascension...

Pour ses évolutions acrobatiques, pour s'alimenter ou pour s'abriter, le pic dispose d'outils perfectionnés indispensables.

  • Les pattes sont courtes et très musclées et possèdent contrairement aux autres oiseaux deux doigts en arrières et deux en avant. Ceux-ci sont pourvus en outre de bourrelets ou "pelotes" qui renforcent l'adhérence et de griffes arquées et acérées qui s'agrippent aux moindres aspérités.
  • La queue courte et très rigide sert à la fois de troisième point d'appui et de ressort pour s'élancer sur les troncs verticaux. Par ailleurs, la mue annuelle des plumes de la queue (d'août à octobre) est tout à fait remarquable et permet aux pics de conserver toutes leurs facultés de grimpeur. Celle-ci débute, en effet, non pas avec les deux rectrices médianes (rectrices = plumes de la queue) mais par leurs voisines et progresse vers l'extérieur. Les plumes médianes continuent donc à servir de points d'appui et ne tombent qu'en dernier lieu lorsque les deux autres rectrices, presque au terme de leur croissance, peuvent les relayer efficacement.
  • A la fois ciseaux à bois et instrument de percussion, le bec est extrêmement fort et dur. Son travail est épaulé par une grosse tête et un cou vigoureux puissamment musclé. Pour creuser le bec agit plutôt comme un levier et, c'est avec des mouvements latéraux de la tête que le pic arrache les fibres du bois. Pour résister aux chocs violents, c'est la boite crânienne et la musculature qui jouent le rôle d'amortisseur. Soumis à une usure importante, le bec a une croissance bien supérieure à celle des autres oiseaux. Il en est de même pour les griffes également très sollicitées.
  • Très longue et effilées, la langue est très mobile : par un jeu compliqué de muscles et de ligaments, elle peut être poussée très loin hors du bec. Enduite d'une sécrétion visqueuse produite par les glandes salivaires, la langue est capable d'engluer les insectes jusque dans leur retraite. Sa structure varie selon les différentes habitudes alimentaires des pics : Chez le pic vert et cendré, grands mangeurs de fourmis, la langue est plus courte, plus mobile, plus sensible et garnie de soies latérales. Chez les autres pics, plutôt consommateurs d'insectes arboricoles, elle est plus longue et possède une extrémité cornée, pointue et barbelée de crochets, pouvant extraire les larves de leur trou.
  • Les glandes salivaires des pics sont très longues contrairement à celles des autres oiseaux qui ont été réduites en l'absence de toute mastication.

Habitat et répartition géographique

Les grands pics exploitent surtout le sol.

  • Parmi eux le pic noir préfère les hautes futaies de hêtres et de résineux où les arbres sont quelques peu espacés. Ils sont en expansion vers l'ouest à la faveur de l'extension des résineux.
  • Le pic vert a déserté son milieu d'origine (forêt alluviale, très vieille futaie clairsemée, pour les zones bocagères, les parcs, les vergers, haies... en un mot tout milieu comprenant des arbres pour se loger entourés d'espace découverts pour se nourrir). Il évite cependant les plantations de résineux.
  • Le pic cendré est plus continental et montagnard que le pic vert (besoin de fraîcheur et d'humidité). Il a été semble-t-il beaucoup plus affecté que lui par la spoliation de son habitat originel (futaies claires, fraîches et humides, fort riche en bois mort).

Pour les pics bigarrés, beaucoup plus arboricoles, les destinées sont dissemblables.

  • La quasi-disparition des futaies des plaines alluviales qui constituait vraisemblablement le milieu de prédilection du pic épeichette l'a repoussé dans des parcs avec de vieux arbres, des plantations de peupliers négligées, parfois de vieux vergers... Sa population reste cependant très faible.
  • La grande faculté d'adaptation du pic épeiche et son éclectisme alimentaire lui ont permis de se maintenir dans tous les milieux arborés. Il aurait même profité de l'arrivée des résineux. Les densités maximales de cet oiseaux s'observent néanmoins dans les futaies feuillues variées, type de peuplement qui se rapproche le plus de la forêt originelle.
  • A l'inverse du pic épeiche, le pic mar est un spécialiste qui s'est peu adapté à la forêt gérée par l'homme et qui a lourdement pâti du morcellement et de la disparition de son habitat traditionnel : la futaie de chênes dense et continue, comportant de nombreux arbres surâgés à la cime riche en bois mort. Il a reculé également devant l'expansion des peuplements de résineux.

Comme nous avons pu le voir, selon leur faculté d'adaptation et leurs degrés de spécialisation, certaines espèces ont fortement régressées suite à la disparition de la forêt originelle due à l'action de l'homme tandis que d'autres se sont acclimatées à de nouveaux milieux de substitution. De même les espèces spécialisées dans l'exploitation d'une strate n'occupent plus que les massifs forestiers où celle-ci est encore bien représentée. Ou encore, l'introduction de résineux en plaine a fait perdre du terrain à certaines espèces tandis que d'autres s'en sont accommodées ou élargi leur champs d'action.

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