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Les primates

Quelques mécanismes de la biodiversité

Les primates

Ecrit par Aye-Aye environ... dans Bio-Scène le 24 oct 2015

L'homme – en tant que primate – est-il par nature un être arboricole ?

L'association Aye-Aye environnement a développée depuis 1994 une forme originale de pédagogie "immersive", notamment à travers la pratique de ses "Randonnées arboricoles", ici en Guyane française à 40 mètres de hauteur.
La finalité, replacer l'homme dans son écosystème à travers une approche ludique et sensorielle, qui permet de développer des "adaptations" pour se positionner dans le monde en tant "qu'Homo sapiens durabilis".

Visionner le film intégral "Voyage en canopée"


Les primates composent un ordre de mammifères fondamentalement adapté à la vie arboricole. Nous nous intéresserons ici surtout à leurs façons de se déplacer.

C'est parmi les lémuriens de Madagascar que l'on trouve des espèces possédant les caractères fondamentaux de la locomotion des primates. Les Indris, Makis et autres Sifakas ont pour habitude de se tenir droit et accrochés au tronc par de longs bras. Pour sauter d'un arbre à l'autre, ils se propulsent à l'aide de membres postérieurs longs et puissants. Afin de mieux contrôler les mouvements du corps, le centre de gravité de leur corps se trouve  près du bassin. C'est une caractéristique des primates. Chez les autres mammifères terrestres, le centre de gravité se trouve dans la région des épaules. Les primates sont donc capables de grimper, sauter, marcher à 4 pattes et éventuellement à 2...

Bien que plus proches de nous, les singes à queue adoptent une quadrupédie généralisée qui évoque celle des autres mammifères. C'est le cas au sol (babouins, patas, macaques, entelles...) mais aussi dans les arbres (cercocèbes, cercopithèques, colobes...) cependant ils adoptent des positions parfaitement assises avec le buste vertical, que ce soit dans les arbres ou au sol. Installés dans cette position, ils entretiennent des relations sociales (vocalisations, épouillage), mangent, manipulent la nourriture et explorent leur entourage.

Les singes hominoïdés (gibbons, orangs-outans, gorilles, chimpanzés, bonobos et Homme) diffèrent considérablement des autres singes, et, évidemment des autres mammifères. Les hominoïdés actuels sont tous adaptés à cette habitude singulière de nous déplacer sous les branches, suspendus aux bouts de nos bras : longs bras, clavicule robuste, articulation de l'épaule orientée vers le haut, omoplates dans le dos, cage thoracique peu profonde entre le sternum et la colonne vertébrale mais large d'un flan à l'autre, région lombaire courte et composée de 5 à 7 vertèbres lombaires, membres inférieurs relativement courts. Tous les hominoïdés actuels ont l'habitude de se tenir verticalement dans les arbres. C'est une vieille habitude qui remonte à plus de 15 millions d'années (le gros intestin est fixé de telle manière qu'il ne vienne pas écraser le gracile intestin grêle placé en dessous).

Les bonobos se montrent plus arboricoles que les autres chimpanzés et les gorilles et pratiquent aussi le marché sur les phalanges (au sol, ils appuient leurs mains sur le sol au niveau des articulations entre les premières et les deuxièmes phalanges, cette attitude contribue à installer le buste dans une position semie-redressée). Ils ont une morphologie plus longiligne. Ils sont donc d'excellents acrobates, se suspendent, pratiquent la brachiation (déplacement par alternance des mouvements des bras). Quant à l'Homme, il se distingue comme un bipède exclusif qui conserve de belles aptitudes pour la suspension, même si leurs bras sont plus courts que ceux des chimpanzés par exemple. En cela l'Homme aurait subit une régression secondaire. L'extrémité des membres des primates est pentadactyle : le carpe se compose de neuf os, le pouce de la main est toujours opposable, celui du pied (celui de l'Homme excepté) présente une pseudo opposabilité ; Le radius et le cubitus sont mobiles l'un par rapport à l'autre, permettant à la main d'amples mouvements de supination et de pronation. Ces deux derniers caractères traduisent une adaptation à l'arboricolisme. Le tibia et le péroné sont toujours séparés.

Les primates sont inféodés aux zones tropicales et subtropicales de chaque continent, à l'exception de l'Australie. Bien que 80% des espèces de primates vivent en forêt humide, sur chaque continent, plus de la moitié des espèces s'accommodent des zones boisées plus sèches ou des savanes boisées. La répartition en altitude est, elle aussi, très large, du niveau de la mer au sommet des montagnes.

La plupart des primates consomment une ou plusieurs des catégories suivantes : insectes, gomme ou sèves, fruits, graines, feuilles d'arbre et d'herbe. La frugivorie est le régime le plus répandu chez les primates.

Ils ont donc acquis au cours de l'évolution, des modes de déplacement et des régimes alimentaires adaptés à leur mode de vie arboricole.

Démarche non mercantile de valorisation de la biodiversité à travers la diffusion des connaissances, la diversité des points de vue et l'usage coopératif du multimédia.